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Sempre Cosi : Quelle formation avez-vous ?

Vincent Menu : J’ai fait les Arts Décoratifs à Strasbourg en graphisme.

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Quels sont les champs d’intervention d’un graphiste ?

Je résonne sur les projets de commande. J’interviens dès la création jusqu’au choix du papier et celui du visuel …

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Dans quel cadre travaillez-vous?

Je travaille surtout dans le cadre des commandes, mais j’ai aussi d’autres types de projets plus personnels. Il y a une vraie interaction entre mes projets personnels et mes commandes; les premiers nourrissent les seconds.

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Comment concevez-vous l’image ?

Dans mes travaux, l’imaginaire est très présent. Je conçois l’image comme le lieu de cette rencontre avec le spectateur. L’image doit créer un espace où l’on se perd, et se raconte une histoire. Cette idée j’aimerais la développer dans des images sous forme d’affiche. Ce serait des affiches refuges, des mondes complètement virtuels et complètement inventés.
Dans ce travail pour le festival de poésie et musique contemporaine, je développe des jeux optiques. Je pense le signe comme une écriture, rythmé et sonore dans l’image. Cette ligne se développe depuis plusieurs années. C’est un travail de réinterprétation de l’art cinétique.

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Sempre Cosi : Quelle place donnez vous à la typographie?

La typographie est un élément très fort. Son choix n’est jamais anodin, afin de personnaliser et renforcer un concept, j’adapte souvent des typographies dans mes projets. J’en crée aussi quelques unes. En ce moment je travail sur un projet de création d’une typographie pour un auteur contemporain Anne-James Chaton. Celle-ci va lui servir de matériau d’écriture, ça sera différente adaptation de l’helvetica, avec des transformations et des rajouts de signes.

Quelles sont les différentes étapes de création?

Tout commence autours d’une discussion, d’un échange avec le responsable du projet, après cela j’ai un temps de réflexion.

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Quels sont vos outils ?

Je réalise mes projets avec l’outil informatique, et parfois aussi en utilisant la photo. Ce sont des choses très simples.

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Quels sont les plasticiens qui vous influencent ?

Je réinterprète l’art cinétique, utilise ce langage qui absorbe le regard. Je donne quelques pistes de compréhension après c’est l’imaginaire qui fait son chemin. Je suis du côté de l’interrogation du regard et non celui de la séduction. J’ai le souci de rester au plus près du sujet qui m’a été confié. J’essaie de rentrer dans le système de création du lieu ou celui de la commande.

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Parlez nous de votre travail pour la Compagnie La Spirale ?

Mon travail suit leur évolution stylistique dont l’écriture est devenue plus contemporaine. Cela consiste à réinterpréter l’image, le signe ici est en lien avec leur nom. Le but est de créer une vraie identité.

Quelle place occupe le symbolique ?

La représentation optique crée le lien avec l’idée symbolique de la forme. Elle exprime le côté infini, de cet infini le petit grandit. Son esprit labyrinthique transpire de cette idée et en rapport avec la création et les recherches de la Compagnie. Le côté abstrait du signe offre une plus grande liberté au regard.

Comment choisissez-vous le support papier ?

Ici pour la Compagnie on est sur un papier offset qui privilégie le toucher.

On retrouve cet aspect de votre travail pour l’Espace Mica n’est ce pas?

Chez Mica, l’idée était d’instaurer une écriture. On retrouve ces jeux à travers la perspective à travers l’espace qui suggère le thème de l’exposition. On peut le voire à travers l’exemple de l’affiche intitulée Hibernation qui est composée de motifs ovoïdes, formes libérés de sa figuration primitive.

Vous créez aussi des sites internet ?

Oui, dans ce cas précis c’est un travail d’équipe, où je suis chargé de la maquette du côté esthétique de l’image, c’est ensuite le programmeur qui, lui, donne vie à la base de donnée.

Parlez nous de votre collaboration avec le théâtre La Paillette à Rennes.

La particularité du lieu c’est qu’il est composé d’une Mjc et d’un théâtre. Par conséquent son identité au départ était très Mjc.
Le logo était d’ailleurs une maison avec un œil traité à l’aquarelle. Il a fallu tout repenser pour que cette idée devienne un signe très simple, différent d’un logo ordinaire. A travers le jeu typographique noir et blanc, on retrouve la dualité et la complémentarité du lieu. Ce jeu graphique aléatoire instauré permet aux signes d’identifier chaque spectacle et de donner une unité à l’ensemble.
Il va à l’essentiel, restant simple et lisible immédiatement, il crée un langage ludique et créatif. La suite d’images anime l’ensemble. Le signe permet de casser les frontières ce qui favorise l’arrivée de l’information. Le choix du signe est pensé en rapport avec l’identité du spectacle; J’essaie d’offrir une identité complète au lieu. A la fin de ce programme, on retrouve le langage résultant de la somme des signes : celui de la saison présentée.
Je conçois aussi Le Canard journal trimestriel du théâtre de La Paillette. Le jeu consiste à décliner toutes images le représentant. Jouer sur le mot canard, et son lien à l’image donne une note d’humour au journal.

Parlez nous du festival Méliscènes.

C’est un festival de marionnettes contemporaines. L’idée de départ était de faire une image composée d’objets hybrides, totalement décalé, un mélange des différents univers de tout de tout. Pour cela, je récupère des photos sur Google (avant c’était des photos que je prenais moi même). L’idée de récupérer des images, de les manipuler m’a tout de suite intéressé. La planche finie était à découper par les gens qui faisaient eux-mêmes des propositions plastiques.

Est-ce qui il y a un rapport esthétique avec le festival ?

Oui ces spectacles ont un aspect déjanté et hybrides comme les compositions proposées.

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Photos et propos recueillis par Cloé Desmons.

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