Nous avons pu interviewer Maxime Roy, un artiste rennais aux multiples talents exerçant aux « Agités du Bocal ». Malgré un emploi du temps chargé, il a accepté de nous rencontrer. Voici le retour sur cette matinée de découverte…
 
 

1) Présentez vous (études, domaine d’activité…). Depuis combien de temps exercez vous ce travail?

Je me présente, Maxime Roy, j’ai 29 ans.
Globalement, j’ai fais la fac d’art plastique à Rennes 2, j’ai tenté d’être professeur d’art plastique, envie qui est encore un but chez moi mais pour plus tard.
Pendant mes études, j’ai beaucoup développé l’approche des outils numériques (illustration numérique, PAO…).
J’ai décidé de me mettre en indépendant en 2010, ça fait 5ans que j’exerce l’illustration, le graphisme.
 

2) Parlez nous de votre lieu de travail, de votre manière de travailler (seul ou en groupe, avec des sous traitants…)

Je travaille aux « Agités du Bocal », une ancienne association (presque 10ans), que j’ai connu quand j’étais à la fac grâce à l’organisation de certains évènements (Hors les murs, surtout porté sur la peinture…).
J’ai intégré l’atelier depuis Janvier 2015.
Ici j’y travaille mes illustrations, mes contrats en cours et aussi la sérigraphie. Le but était de trouver un endroit où je pouvais moduler toutes mes activités (faire autant de la sérigraphie artisanale que de faire de la bureautique…).
 

3) Quelles techniques utilisez-vous et préférez-vous?

Ça dépend du moment et selon le projet. Ça va du dessin de base,la peinture de manière ponctuelle, la sérigraphie, l’illustration numérique (par logiciels notamment)

Je ne pense pas qu’il y en ai une que je préfère mais je suis plus à l’aise avec le numérique, ça me permets de tout contrôler plus facilement.
 

4) Des supports ? Logiciels ?

J’utilise des logiciels de PAO, comme la suite adobe, mais j’apprécie beaucoup Inscape, qui est un logiciel qui me permets de travailler un peu plus librement.
 

5) D’où vient cette inspiration pour des œuvres ultra colorées représentants cependant des personnages quasiment « lugubres »?

C’est assez inexplicable, c’est un fourre tout de choses que j’ai lues, vues, c’est très pop culture, ça vient du cinéma, de la peinture, des idées qui viennent comme ça.
C’est peut être une posture de faire du bizarre pour faire du bizarre, autant « choquer », faire réagir les gens de n’importe qu’elle manière, c’est la meilleure des choses pour moi.
 

6) Il y a-t-il un lien entre votre travail artistique et votre travail d’animateur radio?

Je ne suis plus animateur radio depuis l’année dernière.
Concernant un lien entre les deux, je dirais qu’il est assez lointain mais j’ai une grosse passion pour la musique.
C’était une activité annexe, la musique fait partie de mon travail car je ne peux pas travailler sans musique. Les deux vont ensemble, et généralement un morceau peut très bien influencer un travail en cours.
 

7) Dans quel atelier travailliez-vous avant « Les Agités du Bocal » et expliquez nous le concept des « Agités du Bocal »

Avant, j’étais dans l’atelier « Pièces détachées » (Rue de St Malo) qui est d’avantage une plateforme pour faire diffuser des jeunes artistes par le biais de marché de créateurs…

Maintenant, l’atelier « les Agités du Bocal » ressemble plus à un lieu de travail.
Dans un premier temps c’était une association où les gens passaient juste. Ça a beaucoup changé depuis le début, il n’y a plus aucun membres fondateur. C’était beaucoup de montage de projet, de lancement d’évènement mais on essaye de relancer le concept car on est beaucoup de nouveaux à être arrivés.
Ici, nous sommes vraiment face à un lieu de travail, chacun fait son activité, beaucoup de gens font des choses différentes: peintures, création d’accessoires/bijoux, couture, sérigraphie, graphisme.
Ça arrive que les artistes travaillent ensemble, qu’il y ait un échange de compétences, de se mettre en collectif sur une chose mais ce n’est pas une obligation.
 

8) Malgré les nombreux domaines qui existent, il y en a-t-il que vous n’avez jamais pratiqué mais que vous aimeriez explorer ?

Tout ce qui est aspect 3D, design, sculpture, mais vu que je travaille trop en 2D ça reste quelque chose qui me fait un peu « peur » dans un sens. Ne pas avoir les compétences pour ça…

Ce que j’ai présenté à l’exposition Memphis Calling, le projet de la borne d’arcade, c’était une envie personnelle de faire cet objet et aussi une manière de prouver que je peux faire un meuble du début à la fin.
 

9) Comme vous l’évoquez, vous faites partie de l’exposition « Memphis Calling » avec votre création « Double poser » qui représente un jeu d’arcade. Qu’est ce qui vous a poussé à y participer ? (Thème, le lieu?…) Et, si votre pièce est à vendre, à combien le serait elle ?

Il y a eu un gros appel dans le réseau de la part de la galerie, on était tous intéressés car on est tous proches du courant, de son esthétique.
A la base je pensais proposer autre chose mais j’ai retrouvé cette pièce et en y réfléchissant j’ai décidé de la présenter, l’intention que j’avais de faire cet objet est de sortir de l’objet arcade basique qu’on trouve dans les bars, qui est très affilié « geek », qui n’a pas vraiment une dimension esthétique (à part avoir une belle finition).
Je voulais changer la forme, et son utilisation car elle n’est pas vraiment faite dans les règles de l’art pour un joueur, les gens sont serrés, on y trouve une autre utilisation.

Cette pièce peut être à vendre et elle est estimée à 400€
 

10) Votre travail vous permet il de vous en sortir financièrement ?

Oui, après on a toujours le soucis de l’indépendance, des périodes creuses, de chercher soi-même son revenu mais depuis 2ans je suis sur une moyenne stable.
 

11) Avez vous des projets à l’avenir ? (Expositions, nouveaux champs artistiques, matériaux…?)

Nous sommes sur un projet d’aménagement d’un hall des associations à Rennes 1, c’est le bâtiment qui accueille le hall des associations de la fac, suite à l’appel à projet gagné le mois dernier.
C’est une réalisation en collaboration avec l’atelier A4, qui eux vont s’occuper du mobilier, moi je m’occuperai de l’habillage graphique du bâtiment.
Les idées sont en cours, mais on a aussi envisagé de proposer le projet de borne d’arcade en version plus grande, améliorée, plus grande structure, plus d’écrans…, idée qui nous a sans doute aidé à gagner l’appel à projet : vu que le rétro gaming revient beaucoup et est très abordable. Ça marche beaucoup.
 
 

Maxime Roy est également rattaché a un projet de collaboration avec le festival ZOOPHONIQ.
30 artistes bretons (Rennais, Nantais…) vont créer un grand coffret de sérigraphie sur les Fables d’Ésope.

L’exposition sera visible à BLINDSPOT, un disquaire Rennais.
Le vernissage se déroulera le 11 Juillet 2015 et débutera à 18h30 à BLINDSPOT pour se continuer à 22h aux « Agités du Bocal » pour une soirée concert. Le lieu sera habillé par les artistes de l’atelier ainsi que par les Vandales.
 
Aussi, vous pouvez toujours venir voir sa borne d’arcade qui est exposée dans le cadre de l’exposition « Memphis Calling » à la DMA Galerie.

Merci à Maxime Roy pour le temps qu’il nous a accordé.