LA JEUNE RUE 2 600

La Jeune Rue, le concept street gastronomique et design

L’empowerment est le fait d’accorder du pouvoir aux individus ou aux groupes pour agir sur les conditions sociales, économiques, politiques ou écologiques qu’ils subissent. C’est la « capacitation », le « développement du pouvoir d’agir », « l’ autonomisation », la « responsabilisation », « l’émancipation » ou le « pouvoir-faire ».

Le millionnaire Cédric NAUDON s’apprête à métamorphoser un quartier entier de Paris en marché arty, gastronomique et écologique. En effet, dans le troisième arrondissement de Paris, 36 boutiques situées sur trois rues (les rues du Vertbois, Volta et Notre-Dame-de-Nazareth) vont voir le jour entre la place de la République et le Conservatoire national des arts et métiers.

Poissonnerie, épicerie, fromagerie, boucherie, pâtisserie, glacier, bistrots, bar à huîtres, marché couvert, quincaillerie… Tous les artisanats de bouche seront représentés.

« Quand je vais dans un restaurant gastronomique, j’en ai assez de trouver sur la carte ‘cochon ibérique’, ‘bœuf black Angus des Etats-Unis’ et ‘cerf d’Ecosse’! Malgré les dégâts de l’agriculture intensive, il y a bien plus de producteurs qu’on ne le pense qui travaillent intelligemment, mais ils sont trop isolés. Tout l’enjeu est d’offrir une caisse de résonance citadine à des pépites fabriquées dans le respect de l’environnement et de susciter ainsi d’autres vocations […] On doit faire comprendre aux consommateurs qu’on peut sauver la planète en mangeant » s’exprime Cédric NAUDON.

Pour mettre en œuvre ce projet, son fondateur a fait appel aux meilleurs architectes et designers du moment, qui ont travaillé sur le design global du quartier et l’aménagement des futures boutiques. Le casting s’est fait à l’international : les français José Lévy (un touche-à-tout designer, styliste, créateur, couturier, directeur artistique, architecte d’intérieur, plasticien) et Vincent Darré (Grand admirateur des surréalistes, ex-roi des années punk qui a tourné le dos à la mode pour aller vers le design, version dadaïste) ; les italiens Andrea Branzi (design industriel), Michele De Lucchi (fondateur de Cavart et du design radical) et Paola Navone (star mondiale du design et globe-trotteuse) ; les espagnols Patricia Urquiola (architecte et designer à l’univers poétique) et Jaime Hayon (designer à l’univers fantastico-kitch) ; les britanniques Tom Dixon (designer autodidacte incarnant l’esprit industriel), et Jasper Morrison (designer à la recherche d’un design durable); le studio japonais Nendo (collectif de quinze tokyoïtes qui misent sur l’humour et l’inattendu); l’allemand Ingo Maurer ( designer et entrepreneur allemand spécialisé dans l’éclairage contemporain); les frères brésiliens Campana (designers écologistes)…

C’est la première fois qu’un projet met en œuvre les talents d’autant de créateurs !

Cette nouvelle attraction des rues de Paris nommée « La Jeune Rue » ouvrira ses premières boutiques en mai et accueillera même d’ici quelques mois un cinéma avec en partenariat les dirigeants de MK2, une galerie d’art, ainsi qu’un concept store piloté par le magazine britannique de design Wallpaper.

Dans sa lancée, d’autres projets sont à venir pour 2015. Entre autre l’élaboration d’une fondation permettant de mettre en lien les producteurs français avec les commerces de La Jeune Rue et une négociation avec l’organisme de certification Ecocert pour élaborer un nouveau label. « Quand vous achetez un légume bio, il peut être cultivé à l’autre bout du monde, en mode intensif et dans des conditions sociales précaires. On a imaginé un nouvel indicateur, baptisé ‘Echelle de riches terres’, qui permettra d’évaluer la qualité de nos productions en fonction de leur impact sur le sol, leur bilan carbone, leurs conditions économiques et sociales… » précise le fondateur, le but est de relier la campagne et la ville. « Si j’arrive à valoriser les paysans, en leur achetant leur production au juste prix et en leur offrant la visibilité de la Jeune Rue, le pari sera gagné! ».

Cédric NAUDON ne doute décidément pas de son succès. Sans même avoir vu l’ouverture de cette rue commerçante, celui-ci projette de mettre en place une deuxième Jeune Rue ! 10 000 m² au total qu’il est sur le point de rafler avec deux associés pour un budget estimé au double de celui qui quartier du Vertbois.

Ce modèle de développement économique/urbain ou le design joue un rôle central dans la formalisation d’une offre culturelle est un exemple intéressant d’empowerment, qui, même s’il tend ici à privatiser l’espace public et appelle à être évalué quant à son emprise privé/public et à ses conséquences sociales (bobo-hipsterisation), peut aisément être applicable sur une collectivité locale, un village en intégrant le design dans le processus politique, la mise en valeur des ressources locales à la faveur de l’attractivité territoriale et de la création de nouveaux services…

Plan La Jeune Rue
Plan La Jeune Rue
Cédric NAUDON
Cédric NAUDON
Equipe de "La Jeune Rue"
L’équipe de « La Jeune Rue »